À l’issue des vacances d’été 2026, l’Observatoire wallon du Tourisme (OwT) a interrogé les professionnels du secteur afin d’évaluer la fréquentation touristique, l’origine des visiteurs et leur niveau de satisfaction.
Pour les propriétaires de gîtes et chambres d’hôtes en Wallonie, plusieurs enseignements méritent une attention particulière : une fréquentation globalement stable, le poids considérable des clientèles néerlandophones et l’impact croissant des fortes chaleurs sur les séjours.
Décryptage des principaux chiffres et, surtout, de ce qu’ils peuvent signifier concrètement pour votre hébergement.
1. Une fréquentation touristique globalement stable durant l’été 2026
Premier constat : la saison estivale 2026 s’inscrit globalement dans la continuité de 2025.
Le taux d’occupation moyen déclaré par les hébergements wallons atteint 70 %, contre 69 % durant l’été 2025.
Dans le détail, le taux d’occupation atteint :
- 70,2 % en juillet 2026 ;
- 69,1 % en août 2026.
La situation est très similaire pour les hébergements de terroir, catégorie comprenant notamment les gîtes et chambres d’hôtes : le taux d’occupation déclaré atteint 70,1 % en juillet et 69,7 % en août.
Les résultats indiquent une saison relativement stable, avec une légère tendance positive.
Pour un propriétaire, cette stabilité à l’échelle de la Wallonie ne garantit évidemment pas les mêmes résultats pour chaque hébergement. La localisation, le positionnement, les tarifs, la qualité de la fiche de présentation, les équipements ou encore les canaux de commercialisation peuvent entraîner des écarts importants d’un établissement à l’autre.
2. Plus d’un client sur deux est belge
La clientèle belge reste incontournable pour les gîtes, chambres d’hôtes et autres hébergements de terroir. Durant les vacances d’été 2026, les exploitants interrogés estiment que 54 % de leur clientèle est belge.
Mais un autre chiffre est particulièrement intéressant : la répartition linguistique de cette clientèle.
Les Belges néerlandophones représentent 34 % de la clientèle, contre 20 % pour les Belges francophones.
La clientèle flamande constitue donc à elle seule environ un tiers de la clientèle estivale déclarée des hébergements de terroir.
Votre hébergement est-il suffisamment visible auprès des touristes flamands ?
Pour un propriétaire wallon, disposer d’une communication en néerlandais ne devrait donc pas être considéré uniquement comme un moyen d’attirer des touristes étrangers.
C’est aussi un moyen de toucher une part importante du marché touristique belge.
La qualité de la version néerlandaise de votre fiche d’hébergement, de votre site internet et de vos informations pratiques peut ainsi avoir une réelle importance.
Une traduction approximative ou une description beaucoup moins complète que la version française peut réduire l’attractivité de votre hébergement auprès d’une clientèle pourtant particulièrement présente en Wallonie.
3. Les touristes néerlandais représentent 28 % de la clientèle
À la clientèle flamande s’ajoute un autre marché particulièrement important : les Pays-Bas.
Les touristes néerlandais représentent 28 % de la clientèle déclarée des hébergements de terroir durant l’été 2026.
Ils arrivent ainsi devant :
- les Français : 8 % ;
- les Allemands : 5 % ;
- les Britanniques : 1 %.
En additionnant les Belges néerlandophones et les touristes venus des Pays-Bas, on constate donc l’importance considérable du public néerlandophone pour les gîtes, chambres d’hôtes et meublés touristiques wallons.
Cette observation rejoint d’ailleurs les tendances observées dans les chiffres annuels du tourisme wallon en 2025, qui mettaient déjà en évidence le poids du marché néerlandais dans les hébergements de terroir.
Que pouvez-vous vérifier dans votre communication ?
Quelques éléments méritent une attention particulière :
- votre fiche d’hébergement dispose-t-elle d’une description complète et attractive en néerlandais ?
- vos principaux équipements sont-ils correctement renseignés ?
- votre propre site internet est-il accessible en néerlandais ?
- les conditions de réservation et informations pratiques sont-elles facilement compréhensibles ?
- vos recommandations de restaurants, balades et activités peuvent-elles également être comprises par vos visiteurs néerlandophones ?
Il ne s’agit donc pas simplement de « traduire » votre communication, mais de vous assurer que le voyageur néerlandophone dispose d’un niveau d’information équivalent à celui du voyageur francophone.
4. Les fortes chaleurs ont marqué les vacances d’été 2026
L’été 2026 rappelle également qu’un autre facteur doit progressivement être intégré dans la gestion d’un hébergement touristique : le confort durant les périodes de fortes chaleurs.
Juillet 2026 a notamment été particulièrement chaud et sec. La température moyenne a atteint 21,1 °C, contre 18,9 °C en juillet 2025.
Les précipitations ont, elles aussi, fortement diminué : seulement 9,2 mm en juillet 2026, contre 80,3 mm durant le même mois l’année précédente.
Les fortes chaleurs et épisodes de canicule ont eu des conséquences sur le comportement de certains visiteurs. Plusieurs exploitants interrogés par l’OwT indiquent également réfléchir à des adaptations structurelles de leur hébergement, notamment en matière de climatisation.
5. Le confort d’été devient un sujet à anticiper dans son hébergement
Installer une climatisation n’est évidemment ni la seule réponse possible ni une nécessité pour tous les hébergements. En revanche, la multiplication des épisodes de forte chaleur doit inciter les propriétaires à se poser une question simple : Mon hébergement reste-t-il confortable lorsqu’il fait très chaud pendant plusieurs jours ?
Plusieurs pistes peuvent être envisagées selon les caractéristiques du bâtiment :
- protections solaires et stores ;
- volets extérieurs ;
- possibilités de ventilation nocturne ;
- ventilateurs ;
- espaces extérieurs ombragés ;
- végétalisation des abords ;
- équipements ou solutions de rafraîchissement adaptés.
Pensez également à l’information communiquée aux voyageurs. Quelques recommandations simples sur la manière de conserver la fraîcheur du logement peuvent améliorer leur confort pendant les périodes les plus chaudes.
6. La météo influence aussi les activités pratiquées pendant le séjour
Un été chaud et ensoleillé n’est pas nécessairement synonyme de hausse de fréquentation pour tous les acteurs touristiques.
Les 139 attractions touristiques et musées ayant répondu à l’enquête enregistrent une baisse de fréquentation de 7,1 % par rapport à l’été 2025.
Les activités récréatives ont été particulièrement touchées, avec une diminution annoncée de 11,5 %. Les fortes chaleurs ont notamment modifié le comportement des visiteurs pendant les heures les plus chaudes et ont parfois nécessité l’adaptation ou l’annulation de certaines activités.
Pour un propriétaire de gîte ou de chambre d’hôtes, cette observation peut également devenir une opportunité d’améliorer l’accueil de ses visiteurs.
Adaptez vos recommandations à la météo
Plutôt que de remettre systématiquement la même liste d’activités à vos clients, vous pouvez préparer différentes recommandations.
Lors des journées très chaudes : promenades en forêt, grottes, musées, activités aquatiques lorsque les conditions le permettent, sorties tôt le matin ou en soirée…
Lorsque la météo est moins favorable : musées, patrimoine, producteurs locaux, activités couvertes, restaurants ou expériences intérieures…
Cette connaissance du territoire et ces recommandations personnalisées participent pleinement à la qualité de l’accueil et peuvent contribuer à différencier votre hébergement.
7. L’incendie des Hautes Fagnes a également affecté certains hébergements
La saison touristique 2026 a enfin été marquée par l’incendie survenu dans les Hautes Fagnes.
Environ une centaine de répondants à l’enquête de l’OwT ont indiqué avoir constaté des répercussions sur leurs locations, principalement en raison des fumées et des odeurs.
Cet événement rappelle l’importance, lorsqu’une situation exceptionnelle survient à proximité d’un hébergement, de maintenir une communication rapide, transparente et rassurante avec les voyageurs, en relayant prioritairement les informations et recommandations des autorités compétentes.
Que retenir de l’été 2026 pour préparer la prochaine saison ?
Le bilan des vacances d’été 2026 ne montre pas de bouleversement majeur de la fréquentation des hébergements wallons. Il fait néanmoins ressortir plusieurs tendances particulièrement intéressantes pour les propriétaires de gîtes et chambres d’hôtes.
Quatre enseignements peuvent notamment être retenus :
1. Ne négligez pas le marché belge.
Il demeure le premier marché des hébergements de terroir pendant l’été.
2. Accordez une attention particulière à votre communication en néerlandais.
Les Belges néerlandophones et les touristes néerlandais occupent une place majeure parmi les clientèles estivales des hébergements de terroir.
3. Anticipez davantage le confort en période de forte chaleur.
Interrogez-vous sur le comportement thermique de votre hébergement et sur les améliorations qui pourraient accroître le confort de vos visiteurs.
4. Faites de votre connaissance du territoire une valeur ajoutée.
Proposer des activités adaptées à la météo et au profil des voyageurs contribue à améliorer leur expérience et à personnaliser votre accueil.
Ces différents éléments montrent qu’au-delà du taux d’occupation, la connaissance de ses clientèles et l’adaptation de son hébergement aux évolutions du tourisme deviennent des leviers importants de compétitivité.
Source : Observatoire wallon du Tourisme (OwT), Bilan des vacances d’été 2026.
L’enquête a été réalisée après les vacances d’été 2026 auprès des professionnels du tourisme wallon. 580 exploitants d’hébergements sur 3500, 139 attractions touristiques sur 280 et musées et 17 Maisons du Tourisme sur 26 y ont répondu. Les résultats issus de cette enquête doivent donc être considérés comme les déclarations des professionnels répondants et non comme un relevé exhaustif de l’ensemble de la fréquentation touristique wallonne.
